Synopsis

Deux adolescents. Une vie difficile dans la banlieue parisienne des années 70. Enfants de divorcés livrés à eux-mêmes, ils volent et se débattent dans ce monde d'adultes qui se disputent leur vie...
Le mal de vivre des jeunes dans les années post-68, un film qui joue sur le non-dit et utilise la musique de l'époque comme mode d'expression.

Une oeuvre qu'Arte avait commandée à Assayas dans la série "Tous les garçons et les filles de leur âge".







Acteurs
Virginie Ledoyen   Cyprien Fouquet   Laszlo Szabo
Jean-Pierre Darroussin   Dominique Faysse

Réalisateur Olivier Assayas

Avis
Récompense pour L'Eau Froide :

Prix spécial Fipresci pour l'ensemble de la série d'Arte "Tous les garçons et les filles de leur âge"

Festival International pour le Jeune Cinéma de Torino, 1994

Galerie du film
Filmographie



Bioagraphie de Olivier Assayas

Parallèlement à la réalisation de quatre courts métrages entre 1979 et 1984, il est rédacteur aux Cahiers du Cinéma de 1980 à 1985. C'est pour les Cahiers qu'en 1984, il va à Taïpei pour rencontrer la "Nouvelle Vague" du cinéma chinois. Il est en quelque sorte le précurseur de la découverte du cinéma asiatique en France.

C'est de ce voyage que date sa relation d'amitié avec Hou Hsiao Hsien (Goodbye South, Goodbye, Les Fleurs de Shangaï). En 1997, à Taiwan, il tourne HHH, un portrait du réalisateur.

Il a travaillé sur l'écriture de quelques-uns uns des scénarios d'André Téchiné (Rendez-vous en 1985 & participation à l'écriture d'Alice et Martin en 1998).

En 1994, il réalise L'Eau Froide pour la série d'Arte "Tous les garçons et les filles de leur âge" (avec la jeune Virginie Ledoyen dont c'est l'un de ses premiers rôles). Le film est présenté dans la sélection Un Certain Regard à Cannes.

En 2000, Olivier Assayas retourne à Cannes, mais en Sélection Officielle cette fois, pour Les Destinées Sentimentales, une grande fresque romanesque avec Charles Berling, Emmanuelle Béart et Isabelle Huppert.

Comme l'ensemble de la production française en course pour la Palme d'Or (avec Esther Kahn d'Arnaud Desplechin, Code Inconnu de Michaël Haneke et Harry, un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll), le film a été boudé par le jury présidé par Luc Besson.


Interview de Virginie Ledoyen

JM
Dans L'eau froide, Virginie Ledoyen incarne l'eau et se voue corps et âme à elle. Torrent ( la scène du supermarché ), lac stagnant ( inerte et opaque dans les pièces de l'hopital psychiatrique ), chûte ( sa défaillance dans le magasin de son père ), elle sait jouer sur plusieurs registres la fois. Tour à tour angélique et impudente, lumineuse et ténébreuse, cette actrice n'a visiblement peur de rien. Elle accepte les paris difficiles, l'épreuve du plan-séquence comme celle d'un bain dans l'eau glacée un 24 décembre:

VL
"Nous devions tous donner le maximum de choses dans un minimum de temps et dans des conditions assez difficiles, car il faisait vraiment très froid! Il y avait donc une tension permanente mais qui s'est avéré stimulante. J'ai toujours essayé d'être instinctive sans me poser de questions. J'ai plutôt bien aime, en vérité, me confronter aux plans-sequences. Certains étaient très longs, comme celui dans le commissariat. Mais c'est un moment au cours duquel l'intensité est préservée. On est lancé, on ne perd jamais le fil de ce qu'on dit. La continuité et la spontanéité ne sont pas brisées, comme c'est le cas parfois avec des plans très courts."

JM
Loin des minauderies de starlettes ou de la pusillanimité des débutants, Virginie Ledoyen dégage un aplomb déconcertant pour ses dix sept ans. Et L'eau froide n'est pas son premier film. Enfant, elle s'amuse à poser pour des publicités. A treize ans et demi, elle tourne déjà avec Philomène Esposito dans Mima, puis pae la suite avec Christian de Chalonge pour Le Voleur d'enfants. Récemment, Marcel Carné l'a choisie pour un premier rôle mais le tournage a été interrompu. Comment la rencontre avec Assayas s'est-elle faite ?

VL
"J'ai passé un premier casting sans Olivier et ce fut vraiment comique. C'était une interview dans laquelle on me demandait de raconter la plus grosse connerie que j'avais faite dans mon adolescence. Or, je n'ai pas du tout vécu une jeunesse mouvementée. J'étais incapable de répondre (rires). Je suis rentre chez moi, convaincue qu'ils voulaient une vraie rebelle et qu'ils ne me prendraient jamais. Et puis, un mois après, on m'a rappellée pour rencontrer Olivier."

JM
Je lui demande alors ce qu'elle a pensé d'elle et du film quand elle l'a vu pour la première fois:

VL
"J'ai senti que je n'étais pas toujours juste et j'ai eu du mal à entendre ma voix que je déteste d'une manière générale J'ai l'impression d'être toujours sur la même gamme. Mais je trouve le film bouleversant. C'est la première fois que j'ai regardé un film, dans lequel je joue, sans être rivée au fauteuil en attendant surtout de me voir et de juger . L'histoire était plus forte que moi."

par Jacques Morice


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